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Méditations du Dalai lama


Quel que soit votre état, rappelez-vous que les tourments ne servent à rien,

sinon qu'ils ajoutent la souffrance à la souffrance.

Je cite souvent une phrase très utile du sage indien Shantideva,

qui disait en gros : S'il y a un remède, à quoi bon s'inquiéter,

contentez-vous de l'appliquer. S'il n'y a pas de remède,

à quoi sert l'inquiétude ? Elle ne fait qu'aggraver la douleur.

Aux temps du Bouddha, une femme nommée Kisagotami a la douleur de perdre son unique enfant.

Incapable de l'accepter, elle se met en quête de tous ceux qui pourraient lui fournir le remède

qui redonnera la vie à son enfant. Le Bouddha, dit-on, possède semblable remède.

Kisagotami va voir le Bouddha, lui rend hommage et lui demande :


- Peux-tu préparer un remède qui rendra la vie à mon enfant ?


- J'en connais l'existence, lui répond le Bouddha.

Mais, pour le préparer, j'ai besoin de certains ingrédients.

Soulagée, la femme dit :

- Quels ingrédients te faut-il ?

- Apporte-moi une poignée de graines de moutarde, fait le Bouddha.


La femme promet de lui en procurer, mais, alors qu'elle prend congé, il ajoute :

- J'exige que cette graine de moutarde provienne d'une maison où aucun enfant,

aucune épouse, aucun parent, aucun serviteur n'est jamais mort.

La femme acquisce et va de maison en maison, à la recherche de la graine de moutarde.

Dans chaque maison, les gens acceptent de lui remettre cette graine,

mais, quand elle leur demande si quelqu'un est mort dans cette maisonnée,

elle ne peut trouver aucun foyer que la mort n'ait visité, ici, une fille, là,

un serviteur, là encore, un mari ou un parent est décédé.

Ainsi donc, Kisagotoumi est incapable de trouver un foyer affranchi de la douleur de la mort.

Voyant qu'elle n'est pas seule dans son chagrin,

cette mère accepte que le corps de son enfant reste sans vie et s'en revient devant le Bouddha,

qui lui déclare avec une infinie compassion :


-Tu croyais être la seule à avoir perdu un fils.

La loi de la mort veut que, parmi toutes les créatures vivantes, il n'y ait nulle permanence. 



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